Le Marais poitevin offre une mosaïque de paysages et de milieux complémentaires : marais desséchés, îles calcaires, voies fluviales, canaux rectilignes, conches aux eaux calmes… autant de signes de la présence de l’eau, fil conducteur de notre territoire.

De grandes entités écologiques et paysagères

Baie de la pointe aux Herbes à Champagné-les-Marais

> Baie de la pointe aux Herbes à Champagné-les-Marais

© PIMP

Le Marais poitevin est situé au carrefour de plusieurs grandes zones climatiques et à l'interface de la terre et de l'océan. La périurbanisation s'étend depuis les agglomérations sur le territoire du Parc. Niort, Fontenay-le-Comte, La Rochelle et Luçon en sont les "villes-portes".

Le Marais poitevin est composé de plusieurs grandes entités écologiques et paysagères liées à son fonctionnement hydraulique. On peut distinguer : 

  • les  marais mouillés et les fonds de vallées humides : zones inondables par crue Crue (évaï en poitevin), s. f.
    Montée naturelle du niveau des eaux des bassins versants qui alimentent le Marais Mouillé. La « crue » est perçue par les Maraîchins comme un phénomène positif qui fertilise les terres. Une ou deux fois par an, la « crue » plonge le Marais Mouillé dans un à deux mètres d'eau selon les endroits. Cette eau stagnera un temps avant d'être évacuée à la mer grâce aux « portes à la mer ».
    ou par engorgement en période pluvieuse (32 200 hectares)
  • les  marais desséchés : marais protégés des inondations et des marées par un réseau de levées Levée, s. f.
    < voir Bôt
    et de digues (46 800 hectares)
  • les marais intermédiaires : marais partiellement protégés des inondations (18 700 hectares)
  • les  milieux littoraux : milieux soumis à l'influence des marées, composés des mizottes Mizotte, s. f.
    Appellation locale des prés salés (formation naturelle).
    , des vasières, des dunes et sables (9 700 hectares)
  • les îlots calcaires internes (4 600 hectares) : anciennes terres hautes qui formaient des îles lorsque l'océan occupait le Golfe du Pictons.

Formation des paysages

Le Marais poitevin présente des paysages très variés. Il y a 10 000 ans, il s'agissait d'un grand golfe : le Golfe des Pictons Picton, s. m.
Peuple de Gaule qui occupait la région poitevine à laquelle il a donné son nom.
. C'est un formidable travail humain qui l'a transformé.

Les marais desséchés sont le résultat de politiques d'aménagement fortes initiées par les abbayes dès la fin du Xe siècle, afin d'exploiter plus facilement les terres. Les canaux et le parcellaire des marais mouillés sont le reflet d'installations initiées par des maraîchins Maraîchin (nom) ou maraîchin (adjectif)
Habitant du Marais poitevin, ou relatif au Marais poitevin.
, qui se sont approprié cette zone sans réellement l'aménager.

C'est Napoléon Ier qui, dès 1808, prend un décret d'aménagement de la Sèvre niortaise pour en conforter la vocation navigable. Ceci marque le point de départ d'une campagne de grands travaux qui vont donner au marais mouillé l'aspect que nous lui connaissons aujourd'hui.

Le rapport à l'eau a ainsi déterminé l'aménagement des espaces agricoles, des villages et des constructions traditionnelles, et façonne les paysages d’hier et d’aujourd’hui !


Le Golfe des Pictons était en partie recouvert par l'océan à marée haute. Il était aussi soumis à de longues périodes de crues dues aux abondantes quantités d'eau venant du bocage et des forêts alentours situés en hauteur : le bassin versant :

Le Golfe des Pictons était en partie recouvert d'eau

> Le Golfe des Pictons était en partie recouvert d'eau

© Denis Clavreul

 


Pour aménager ce golfe, les moines ont construit des digues.

Des digues qui empêchent le retour de l'océan :

Construction des digues pour protéger le retour de l'océan

> Construction des digues pour protéger le retour de l'océan

© Denis Clavreul


et d'autres digues qui arrêtent les crues venant des terres hautes :

Construction des digues empêchant les crues des terres hautes

> Construction des digues empêchant les crues des terres hautes

© Denis Clavreul


Dans ces terres protégées, des canaux et fossés ont été creusés pour évacuer l'eau de pluie à marée basse et servir de réserve en été. Les marais desséchés sont nés :

Les marais desséchés

> Les marais desséchés

© Denis Clavreul


A l'intérieur des terres, derrière les digues, des secteurs ne sont pas aménagés. Ils reçoivent l'eau du bassin versant. Lorsqu'il en arrive plus que l'on ne peut en évacuer à marée basse, c'est la crue. Ces terrains inondables sont appelés marais mouillés :

Les marais mouillés

> Les marais mouillés

© Denis Clavreul