Le marais mouillé est la partie la plus renommée du Marais poitevin. En partie classé Grand Site de France, ce secteur englobe la fameuse Venise verte. Le marais mouillé se compose des marais mouillés bocagers, des communaux, des terrées, des tourbières et des trous de bri.

Le marais mouillé bocager, un labyrinthe aquatique

Le marais mouillé bocager est sillonné d'une multitude de canaux bordés de rangées d'arbres. Inondé une grande partie de l'année, le marais mouillé a été aménagé. Les maraîchins ont creusé des centaines de kilomètres de fossés Fossé, s. m.
Nom donné aux petites voies d'eau, pas nécessairement navigables, qui délimitent une propriété ou des parcelles dans le Marais. Les fossés constituent le réseau hydraulique dit « tertiaire ». Ils sont privés et entretenus par les propriétaires des parcelles.
, de conches Conche, s. f.
Nom donné aux voies d'eau navigables qui sillonnent le Marais poitevin. Avec les « rigoles », les « biefs » et les « canaux », elles constituent le réseau hydraulique dit « secondaire ». Le réseau « primaire » est celui des rivières et du fleuve. Le réseau « tertiaire » est celui des « fossés » privés. Les conches mesurent de 4 à 8 mètres de large. Elles sont entretenues par les communes et les syndicats de marais.
et de canaux pour permettre un écoulement plus rapide des eaux.

Aquarelle du Marais mouillé

> Aquarelle du marais mouillé

© Denis Clavreul

Le réseau hydraulique ainsi constitué servait de voie de communication.
 Malgré tout, le marais mouillé reste inondable. Afin d'éviter l'effondrement des berges, celles-ci sont plantées d'arbres : ils fixent la terre avec leurs racines.

Peu à peu, les marais sauvages ont laissé place à un marais bocager où jardins, prairies, cultures maraîchères... sont bordées de haies.

Ce paysage du marais mouillé a été reconnu par l'Etat comme exceptionnel. Il constitue depuis 2003 un des plus grands et prestigieux site classé de France, et depuis 2010 le septième Grand site de France, au même titre que la pointe du Raz, le Pont du Gard ou encore la montagne Sainte-Victoire. Il bénéficie à ce titre d'une protection et d'une valorisation adaptées à ses enjeux.


Le communal, réservoir de richesses insoupçonnées...

Les communaux Communal (ou marais communal), s. m.
Le communal désigne une vaste prairie humide. Propriété d'une commune, il est mis à disposition d'éleveurs de bovins, de chevaux ou d'oies. Ces marais, typiques du Marais poitevin, sont des espaces naturels fragiles qui accueillent de nombreuses espèces animales et végétales.
du Marais poitevin sont de grandes prairies naturelles inondables vouées au pâturage. Elles peuvent atteindre 300 hectares. Leur sol n'est pas complètement plat. Il est constitué de " baisses Baisses, s. f.
Creux façonnés par le passage de l'océan et des fleuves. Les baisses sont en eaux de novembre à mai.
", vestiges des creux façonnés par le passage de l'océan et des fleuves, qui recueillent l'eau de pluie ; et de " belles Belles, s. f.
Bosses façonnées par le passage de l'océan et des fleuves.
", parties plus hautes elles aussi formées par le passage des eaux.

Aquarelle d'un communal

> Aquarelle d'un communal

© Denis Clavreul

Végétaux et animaux se répartissent dans les communaux.
 Plus de 100 espèces de plantes y sont présentes : renoncule à feuilles ophioglosses, gratiole officinale...

Ces prairies appartiennent à la commune sur laquelle elles sont situées. Les éleveurs y font paître vaches et chevaux moyennant le paiement d'une taxe. L'arrivée des troupeaux a lieu au printemps : c'est l'ouverture du communal. Ils sont rentrés à l'étable en automne avant que le sol ne devienne trop humide.


Les terrées, des bois impénétrables... et pourtant accueillants

Les terrées Terrée, s. f.
Petite parcelle boisée ceinturée de fossés. Les terrées sont plantées de frênes ou de saules taillés en « têtard ». Elles sont, en quelque sorte, des espaces de production de bois de chauffage ou de bois d'oeuvre. Dans les terrées, les arbres sont émondés à 1 mètre du sol.
présentent un paysage peu commun, que l'on rencontre principalement dans la partie Est du Marais poitevin. Ce sont de petites parcelles boisées entourées de fossés ou de conches Conche, s. f.
Nom donné aux voies d'eau navigables qui sillonnent le Marais poitevin. Avec les « rigoles », les « biefs » et les « canaux », elles constituent le réseau hydraulique dit « secondaire ». Le réseau « primaire » est celui des rivières et du fleuve. Le réseau « tertiaire » est celui des « fossés » privés. Les conches mesurent de 4 à 8 mètres de large. Elles sont entretenues par les communes et les syndicats de marais.
. Elles ont été mises en place par les maraîchins pour gérer les niveaux d'eau. On y accède en barque grâce au réseau hydraulique.

Aquarelle d'une terrée

> Aquarelle d'une terrée

© Denis Clavreul

Les terrées sont plantées de saules ou de frênes taillés en " têtard Têtard, s. m.
Mode de taille des arbres. Les branches sont coupées au ras du tronc de l'arbre. Cela finit par former une grosse tête en son sommet.
".
Elles sont, en quelque sorte, des espaces de production de bois de chauffage ou de bois d’œuvre. Des peupliers sont aussi parfois plantés pour obtenir du bois de déroulage.

Lorsqu'elles ne sont plus entretenues, certaines terrées sont parfois envahies d'aubépines, de prunelliers ou de chênes pédonculés d'origine naturelle.


Les tourbières et les trous de bri

Les tourbières Tourbière, s. f.
Marais où se forme la tourbe, et lieu d'où l'on extrait la tourbe.
du Marais poitevin doivent leur spécificité à leur substrat de type alcalin. Elles sont situées aux limites de la plaine et du marais. Elles correspondent à d'anciens sites d'extraction de la tourbe, qui servait alors de combustible de chauffage.

Les tourbières présentent de nombreux visages. Plusieurs milieux variés peuvent se côtoyer sur un même site : fosses d'eau courante, fosses d'extraction en eau, prairies humides, roselières, secteurs boisés... Abandonnées depuis les années 1950, ces sites évoluent généralement en boisements humides.

Les trous de bri correspondent aux anciens sites d'exploitation du bri (argile grise) pour les tuileries et briqueteries du Marais poitevin. L'argile extraite, les trous étaient soit comblés avec des produits "avariés" (c'est-à-dire des produits ratés : trop ou pas assez cuits...), des gravats, etc., soit laissés sous forme d'étang.

Les trous de bri sont aujourd’hui devenus terre d’accueil pour de nombreuses espèces animales et végétales.