Les marais communaux sont des prairies naturellement inondables du Marais poitevin. Elles sont la propriété des communes du Marais qui les mettent à la disposition des éleveurs qui en font la demande. Vaches, chevaux et oies s'y côtoient librement pour paître, sur des dizaines d'hectares.



Vaches sur le communal de Lairoux

> Vaches sur le communal de Lairoux

© PIMP

Pour plus d'informations,
contactez Dominique Giret
au Parc interrégional du Marais poitevin

Programme de préservation

Ces espaces présentent des intérêts multiples pour la nature et pour l’homme : ils assurent l’équilibre hydraulique du Marais poitevin, 2ème zone humide de France, ont un rôle d’épuration des eaux, favorisent la biodiversité et préservent les paysages.


Soucieux de leur disparition, les associations d’habitants alertent, au début des années 1980, les pouvoirs publics et les ONG. Depuis 1989, un programme de sauvegarde est en place. Ce dernier s'est poursuit de 2004 à 2008 à travers le programme européen Life Nature.


Un modèle de gestion agri-environnementale original

En réponse à la prise de conscience collective face à la disparition des communaux, le Parc interrégional du Marais poitevin, le WWF et la Ligue pour la Protection des Oiseaux se mobilisent aux côtés de 13 communes pour lancer un programme de sauvegarde encourageant une agriculture durable. 



Ensemble ils signent des conventions de gestion sur 15 ans. Les premières signatures ont lieu en 1989 et concernent aujourd’hui 10 communes en Vendée et 6 en Charente-Maritime.

En échange d’aides financières et techniques apportées par le Parc, le WWF et la LPO, les municipalités s’engagent à maintenir le communal en pâturage collectif et à y mettre en œuvre une gestion écologique adaptée.


Ce partenariat a fait émerger un modèle agri-environnemental original, à travers le pâturage collectif, libre et pluri-spécifique. En quinze ans, aucune commune n’a rompu son engagement et les spécialistes ont jugé ce mode d’exploitation viable sur les plans économique et environnemental.

Des objectifs ambitieux et un programme concerté
Vue aérienne du communal inondé du Poiré-sur-Velluire

> Vue aérienne du communal inondé du Poiré-sur-Velluire

© Philippe Garguil

De juillet 2004 à juillet 2008, un programme financier européen Life Nature, pour la "Conservation des Habitats et des Espèces les plus remarquables du Marais poitevin", a été mis en place avec un volet spécifique sur les Marais communaux.



Les différents partenaires se sont engagés à travailler avec les collectivités et à soutenir des pratiques de gestion durable.
 Les objectifs de ce volet étaient :


  • maintenir, développer et faire connaître la gestion entreprise sur les prairies naturelles humides des marais communaux.
  • assurer l’équilibre hydraulique général du Marais, son rôle d’épuration des eaux et la préservation de la biodiversité et des paysages.

Plusieurs types d’actions concrètes ont été mis en place :


  • des plans de gestion pour chaque communal de manière à prévoir et anticiper les opérations d’aménagement ou d’entretien du Marais ;
  • des aménagements écologiques pour favoriser l’élevage et augmenter la capacité d’accueil de ces espaces pour la faune et la flore remarquables du Marais ;
  • des études environnementales et socio-économiques pour évaluer la pertinence des actions conduites et leurs retombées positives pour la société (eau, paysage, patrimoine naturel…) ;
  • des opérations de sensibilisation des habitants et usagers (plaquettes, panneaux, colloques...), afin de faire connaître les marais communaux et de valoriser leur mode de gestion dans le Marais poitevin.
Les partenaires du programme de préservation des marais communaux du Marais poitevin

Le volet Marais communaux du programme  Life Nature Marais poitevin a été développé en partenariat avec le Parc interrégional du Marais poitevin, la Ligue pour la Protection des Oiseaux, le WWF et 16 communes de Vendée et de Poitou-Charentes.



Le projet a été conduit sur une période de 4 ans (juillet 2004 - juillet 2008) pour un montant de 670 000 €.



Logo de la LPO

> Logo de la LPO

Ligue pour la Protection des Oiseaux

Chargé de mission scientifique : Jean-Pierre Guéret


16 bis, rue de l'an VI - 85450 Chaillé-les-Marais
Tél./Fax : 02 51 56 78 80
 - Courriel
Site internet : www.lpo.fr



Logo du WWF

> Logo du WWF

WWF-France
Chargé de programme zones humides : Pascal Grondin
Chargée de communication : Mathilde Valingot

1, carrefour de Longchamp - 75016 Paris

Tél. : 01 55 25 84 84 - Fax : 01 55 25 84 74
 - Courriel
Site internet : www.wwf.fr


Logo du Parc interrégional du Marais poitevin

> Logo du Parc interrégional du Marais poitevin

Parc interrégional du Marais poitevin
Président : Yann Hélary
Coordination du programme Life Nature Marais poitevin : Alain Texier
Coordination du programme Marais communaux : Dominique Giret
Responsable pastoralisme Marais communaux : Didier Naudon


2, rue de l'Eglise - 79510 COULON

Tél. : 05 49 35 15 20 - Fax : 05 49 35 04 41
 - Courriel - Site internet : www.parc-marais-poitevin.fr


Le réseau des communaux : 16 communes préservent 2 000 hectares

Dans le Marais poitevin, la superficie des prairies humides a diminué de moitié depuis les années 1960.

De 2004 à 2008, 16 communes ont signé des conventions pour une gestion collective et conservatoire des marais, soit une superficie d’environ 2 000 hectares avec plus de 2 000 têtes de bétail accueillies chaque année.



Les marais communaux constituent un patrimoine historique, socio-économique et culturel exceptionnel. Ils présentent également de grandes richesses écologiques. Biens communs depuis leur création, les marais communaux sont le résultat d’une action collective.

Carte de situation des marais communaux
Cliquez sur les brins d'herbe pour télécharger des informations sur chaque communal

 

Un rôle environnemental, agricole, hydraulique et touristique

Les animaux passent par le parc de contention avant d'entrer sur le communal

> Les animaux passent par le parc de contention avant d'entrer sur le communal

© PIMP

Les marais communaux existent depuis le XIIe siècle. Ils sont nés des terres gagnées sur la mer lors des premiers aménagements du Marais poitevin. Dès leur création, ils sont mis à la disposition des habitants les plus pauvres, par les abbayes et les seigneuries, pour chasser, pêcher, ramasser des champignons et y mettre leurs bêtes. 



A partir de ces mises à disposition, les zones marécageuses difficilement exploitables autrement deviennent peu à peu les marais communaux que l'on connaît aujourd'hui. Les marais communaux du Marais poitevin ont donc depuis toujours un rôle social fort et des schémas d’entre-aide très spécifiques y ont été développés par les usagers. Au-delà de ces aspects historiques et sociaux, les marais communaux ont de nombreux atouts : agricoles, touristiques, hydrauliques et environnementaux qui, ensemble, contribuent au développement durable du territoire.

Les marais communaux ont un rôle clef dans la gestion hydraulique générale du Marais poitevin. Ils participent au stockage et à la purification des eaux.

La richesse écologique des marais, la présence d’une faune et d’une flore remarquables et la beauté des prairies humides offrent un attrait touristique fort. Ces espaces ont été forgés depuis des millénaires par les hommes et les animaux. La gestion pastorale collective, menée dans le respect du territoire et des traditions en est à la fois le symbole et l’avenir.


Un paradis écologique
Renoncule aquatique

> Renoncule aquatique

© PIMP

Situés sur l’un des principaux couloirs de migration entre l’Europe et l’Afrique, les marais communaux sont des prairies indispensables pour les oiseaux qui y trouvent, sur leur passage, nourriture et tranquillité. 



A l’automne et à la fin de l’hiver, canards, oies cendrées, barges à queues noires, vanneaux huppés s’y rassemblent par milliers. Pour de nombreux autres animaux comme la loutre d'Europe, ces prairies, avec leurs réseaux de fossés, sont d’un intérêt capital tout au long de l’année, et les baisses Baisses, s. f.
Creux façonnés par le passage de l'océan et des fleuves. Les baisses sont en eaux de novembre à mai.
sont favorables à une faune et une flore riches : grenouilles, trèfle porte-fraises...



La richesse botanique est également remarquable. L’inondation partielle pendant 4 à 6 mois, la salinité du sol et les éléments du micro-relief favorisent le développement de différents végétaux particulièrement remarquables comme la Laîche divisée, le Jonc de Gérard et l’Orge maritime. Le pâturage de plusieurs espèces d’animaux, loin d’appauvrir la végétation, entretient au contraire une biodiversité singulière : sélection des plantes selon le type de bétail et ajustement du régime alimentaire selon la saison.



Cette richesse écologique et paysagère est reconnue au niveau européen, puisque plus de la moitié du Marais poitevin (68 000 sur 100 000 hectares au total) constitue l’une des plus grandes zones du réseau Natura 2000 en France et puisque les marais communaux ont été intégrés au programme Life Nature Marais poitevin, géré par le Parc entre 2004 et 2008.


Un modèle de gestion agricole
Chevaux et vaches cohabitent sur le communal

> Chevaux et vaches cohabitent sur le communal

© Daniel Mar

Au fil des siècles, l’homme et la nature ont façonné les communaux. Sur ces territoires a émergé un modèle de gestion agri-environnementale préservant une flore et une faune diversifiées. Le mode d’exploitation traditionnel de ces prairies humides inondables est le pâturage libre, collectif et plurispécifique. Celui-ci correspond à une mise en pâturage commun des troupeaux des différents éleveurs, qu’il s’agisse de vaches, de chevaux ou même d’oies. Cette pratique ancestrale présente de nombreux avantages économiques et sociaux mais aussi de grandes qualités agro-pastorales et écologiques. 

Les caractéristiques écologiques de ces prairies humides permettent d’offrir un fourrage de qualité, un peu salé et d’une grande diversité floristique. Ce fourrage est à l’origine de niveaux de croissance élevés au printemps chez les animaux.


Par ailleurs, on constate des pratiques d’entraide, une forme d’organisation solidaire qui permet de collectiviser le transport des bêtes, mais aussi les visites, le regroupement du bétail lors des retraits en fin d’année de pâturage, ou encore les traitements sanitaires. Il résulte de l’exploitation collective une mutualisation de nombreux coûts, qui engendre des gains de temps et d’argent sur les dépenses d’entretien de la prairie (échardonnage notamment) et d’équipements (abreuvoirs, parcs de contention, barrières, clôtures…).

Un fort intérêt hydraulique
Vanne permettant de réguler les niveaux d'eau sur le communal de Vouillé-les-Marais

> Vanne permettant de réguler les niveaux d'eau sur le communal de Vouillé-les-Marais

© WWF

Les grandes prairies naturelles humides sont indispensables à l’équilibre hydraulique du Marais poitevin. Lors de la période des crues (hiver et printemps), l’eau des rivières et des sources se déverse dans ces zones humides. Ces terres se transforment en bassin d’expansion des crues et forment ainsi une protection naturelle contre les inondations.

Petit à petit, l’eau stockée va être rejetée à la mer par le réseau hydraulique des marais. Mais surtout, les marais communaux alimentent, telles des éponges géantes, les nappes d’eaux souterraines et jouent un rôle essentiel dans la purification des eaux : par leurs multiples strates, les plantes et les sols filtrent les eaux, et diminuent leurs concentrations d’azote et de phosphore, issues notamment de l’agriculture intensive.




Un attrait touristique
Sortie découverte de la nature sur le communal

> Sortie découverte de la nature sur le communal

© Daniel Mar

Les marais communaux présentent aujourd’hui une dimension inattendue : celle du loisir et de l’attrait touristique. Par leurs activités, les hommes ont contribué à rendre ces espaces vivants et à maintenir un certain équilibre. Les richesses écologiques et la beauté des prairies humides touchent tout un chacun. La gestion pastorale collective et les pratiques humaines (chasse, pêche, promenades de découverte…) respectueuses de l’environnement contribuent à rendre ces espaces attractifs. Des circuits touristiques sont d’ailleurs développés à l’échelle des vallées des différents communaux : Vallée de la Vendée , Vallée du Lay et Vallée du Curé .



Une gestion durable des marais communaux

Echelle graduée servant à vérifier les niveaux d'eau

> Echelle graduée servant à vérifier les niveaux d'eau

© LPO

Dès 1989, sous l’impulsion d’associations locales, des conventions de gestion ont été signées pour formaliser les engagements de chacun des partenaires. Depuis, de nouvelles communes ont souhaité adhérer à la démarche ou renouveler leurs engagements. A ce jour, 16 communes participent au programme de sauvegarde des marais communaux.

Dans le cadre des conventions et du programme Life des aides sont octroyées aux communes qui conservent leur marais communal en pâturage collectif.

La préservation des marais communaux s'appuie sur la collaboration de l'ensemble des acteurs impliqués : partenaires locaux, publics ou privés, et institutionnels pour la mise en place d’outils de gestion adaptés au territoire, de programmes scientifiques et d’actions de valorisation.

Les aides peuvent être financières mais aussi scientifiques ou techniques. Réalisation de suivis scientifiques, mise en place d’équipements pastoraux et d’aménagements écologiques, réalisation d’études sanitaires, amélioration du fonctionnement hydraulique, etc.






Etudes et plans de gestion
Relevé des baisses sur le communal de Lairoux

> Relevé des baisses sur le communal de Lairoux

© LPO

Plusieurs études scientifiques et techniques sont menées, afin d’évaluer les politiques de gestion agri-environnementales des marais communaux et d’effectuer des recommandations de gestion adéquates.



Les études permettent de connaître la situation des marais communaux en un temps T et son évolution. Elles permettent aussi de déterminer les retombées des actions conduites pour la société (eau, paysage, patrimoine naturel…) et d’évaluer scientifiquement les impacts d’une gestion pastorale (bovins et chevaux) sur la biodiversité, la faune et la flore des prairies. Des suivis environnementaux sont réalisés sur la végétation, les coléoptères phytophages, les oiseaux, les poissons à travers des pêches électriques, les libellules, les amphibiens, les insectes, les papillons de jour…



Au niveau hydraulique, des suivis sont aussi faits sur les niveaux d’eau des canaux et des baisses Baisses, s. f.
Creux façonnés par le passage de l'océan et des fleuves. Les baisses sont en eaux de novembre à mai.
. Ces suivis donnent lieu à des relevés typographiques et la réalisation de cartographies précises. 

Ces études constituent une base importante dans la rédaction des plans de gestion. Ces derniers sont réalisés en concertation avec le conseil de gestion de chaque commune. Il y a en un pour chaque communal de manière à prévoir et anticiper les opérations d’aménagement ou d’entretien du Marais.

Les plans de gestion des marais communaux du Marais poitevin sont consultables sur demande en mairie.

Améliorations hydrauliques et environnementales
Envol de Barges à queue noire et rousse

> Envol de Barges à queue noire et rousse

© Philippe Garguil

Pour améliorer la gestion hydraulique des marais communaux, et plus particulièrement la réception des pluies des bassins versants, plusieurs actions sont mises en place comme le curage et l’entretien des fossés, mares et points d’eau. 

Il s’agit aussi d’empêcher tout assainissement, drainage et modification du réseau d’écoulement des eaux. Des échelles graduées sont aussi posées pour vérifier les niveaux d’eau et gérer l’ouverture et la fermeture des vannes.



En terme environnemental, il est, dans un premier temps, nécessaire de conserver, sur toute la surface, la prairie naturelle à travers des actions de pâturage. La prairie combinée à l’action de pâturage assure la présence d’une biodiversité importante. 



De plus, des aménagements spécifiques permettent d’améliorer l’ accueil des oiseaux migrateurs et hivernants et de favoriser ou de recréer les écosystèmes favorables à une faune et une flore riches. Par exemple : créer ou réhabiliter des frayères à brochets, préserver les roselières…



Enfin, des actions visant à retrouver des dynamiques "naturelles" d’évolution des végétaux grâce au pâturage et à assurer une valorisation paysagère sont aussi développées.

Appui pastoral
Les vaches sont soignées avant d'entrer sur le communal

> Les vaches sont soignées avant d'entrer sur le communal

© Laurent Mignaux

La mise en place d’un pâturage collectif raisonné sur le communal n’a pas toujours été simple. Dans les années 1970, la rudesse du milieu, la crise bovine et la concurrence d’autres productions "plus faciles" tendent à vider les communaux. Les communes ne peuvent plus faire face aux frais d’entretien du communal, le revenu des taxes ayant diminué avec la perte du nombre d’éleveurs. 
Aussi pour aider les communes qui s’engagent à préserver leur communal, une gestion technique pastorale concertée du communal est mise en place par le biais de comités de gestion.



Les partenaires assurent aussi à la commune une aide matérielle par la mise en place de parcs de contention, d’abreuvoirs, la mutualisation de matériels d’entretien… et une expérience de contention et de surveillance des troupeaux est conduite avec des éco-pasteurs.


Les accompagnements techniques sont quasi quotidiens et crédibilisent ce mode de gestion qui était tombé en désuétude. De plus, les contrôles sanitaires et les règlements d’accès au communal se font plus stricts. Lors de l’entrée des animaux sur les communaux, des vétérinaires officient dans les parcs de contention, assurent un service de lutte contre le parasitisme et vérifient la validité des documents sanitaires.



Avec ces garanties de bonnes gestions, les communes peuvent proposer à des éleveurs en dehors de la commune de bénéficier de cet usage collectif. Les éleveurs doivent alors s’acquitter du paiement d’une taxe par animal pour les 8 mois de pâturage (avril à décembre) d’environ 30 euros.



Un programme de recherches pluridisciplinaires a aussi été engagé depuis 1989 avec divers organismes. Les différents spécialistes ont jugé ce type de pâturage viable d’un point de vue économique, agro-pastoral et environnemental.

Éduquer les enfants et promouvoir le tourisme

L'animateur explique les richesses du communal aux enfants

> L'animateur explique les richesses du communal aux enfants

© Daniel Mar

Les marais communaux sont riches. Riches par leur histoire, riches par leur biodiversité, riches par leur lien social, riches par leur tradition pastorale respectueuse de l’environnement, riches par leurs paysages.

C’est l’ensemble de ces atouts que les partenaires du programme Marais communaux souhaitent valoriser. Les enfants, les publics locaux, les touristes sont la cible privilégiée des actions menées. Il est essentiel que chacun à son échelle soit conscient des enjeux de ces territoires très spécifiques.


De nombreuses actions sont ainsi menées à travers un programme d’éducation des scolaires, la mise en place de circuits touristiques, l’organisation de manifestations festives, l’information des acteurs clefs du territoire…

Les ouvertures festives des marais communaux
Démonstration de danse traditionnelle par une troupe locale

> Démonstration de danse traditionnelle par une troupe locale

© Daniel Mar

Les animaux (vaches, chevaux et oies) entrent tous le même jour sur le marais communal pour y passer tout l'été. Les ouvertures pastorales ont toujours été festives ; elles existent depuis plusieurs siècles.

Avec le temps les habitants se sont peu à peu désintéressés de ces grands espaces et seuls les anciens du village et les personnes intéressées connaissent le marais communal qui se trouve à proximité de chez eux.

Des fêtes sont traditionnellement organisées lors de l’entrée des animaux sur les marais communaux au printemps (avril et mai).

L'ouverture des marais communaux est toujours un moment très riche. La journée de travail est intense mais c'est aussi l’occasion de rencontres entre éleveurs et riverains qui assistent à la venue des animaux.



Pour que l’ensemble de la population locale ait conscience de la richesse biologique et culturelle que recèlent de tels milieux et de l’intérêt de les préserver par une activité pastorale, les partenaires ont lancé l’ opération "Marais en fête".

C’est l’occasion pour les communes de faire revivre leur patrimoine culturel et de valoriser les pratiques d’élevage et les activités humaines.


Le travail des éleveurs reste le point central de ces journées. Les multiples facettes d’une gestion globale durable des marais communaux sont présentées au public. Les animations et activités proposées en parallèle permettent de créer un climat de convivialité, incitant les habitants du territoire à venir découvrir la richesse patrimoniale de ces espaces, d’appréhender les races d’animaux, leur suivi sanitaire, le fonctionnement du communal, la gestion du pâturage… Par les témoignages et expositions, le public découvre les activités traditionnelles et les savoir-faire liés aux communaux ou à la commune (chasse, pêche, danse traditionnelle, etc.).

Les scolaires à la découverte du communal
Les élèves découvrent le communal grâce à l'animateur du Parc

> Les élèves découvrent le communal grâce à l'animateur du Parc

© PIMP

Le Parc interrégional du Marais poitevin a accompagné de 2004 à 2008 les écoles des communes concernées par l’ouverture des communaux dans un projet de "découverte du communal". 


Celui-ci se déroulait sur plusieurs mois, avec différentes phases :


  • des activités de découverte sur le terrain pour découvrir le communal, son histoire, sa place et son rôle dans le Marais poitevin, ses richesses biologiques ;
  • des rencontres avec des éleveurs pour comprendre comment on gère un communal ;
  • des recueils de témoignages auprès des anciens pour découvrir le communal autrefois.


L’ensemble des travaux réalisés par les élèves était présenté le jour de l’ouverture du communal.

Trois vallées à découvrir
Panneau de découverte du communal de Saint-Benoist-sur-Mer

> Panneau de découverte du communal de Saint-Benoist-sur-Mer

© PIMP

Afin de mieux faire connaître les différents communaux, des circuits touristiques ont été développés pour chacune des vallées : Vallée de la Vendée , Vallée du Lay et Vallée du Curé .

Chaque circuit permet de découvrir cinq marais communaux. Des panneaux d’information sont installés à l’entrée des communaux pour accompagner la visite. Ils expliquent pour chaque communal : son histoire, les principales activités humaines – chasse, pastoralisme… – les particularités floristiques et faunistiques, les actions de préservation engagées en faveur des marais communaux…

Des plaquettes de promotion pour chacun des circuits sont disponibles dans les offices de tourisme et les communes. Elles présentent les marais communaux et indiquent les lieux touristiques alentours.



Depuis 2008, le circuit de la vallée du Lay est complété par un observatoire installé sur le communal de Lairoux.

Une actualité régulière

Les acteurs locaux, associations, communes, institutions, membres des comités de gestion avaient besoin d’avoir des informations sur les marais communaux, sur l’évolution des pratiques, sur les actions réalisées… Pour répondre à cette demande une fiche d’information et un bulletin d’information "La vie des communaux" (téléchargeables dans le bloc "et aussi..." de cette page) étaient publiés tous les 6 mois. D’autres informations sont également actualisées et téléchargeables sur ce même site Internet.