Les combinaisons d'engins de pêche
Pour que la pêche soit plus efficace, les pêcheurs ont multiplié les astuces. Ils ont utilisé plusieurs engins de pêche à la fois.
Ils ont combiné des engins différents : les filets et les nasses des bouchots de pêche. Ils se sont inspirés du milieu naturel pour mieux leurrer le poisson : les frayères de pêche. Ils se sont appuyés sur des dispositifs existants : les pêcheries sur bouchots de mytiliculture.
L'abondance des poissons a longtemps favorisé ses dispositifs de pêche. Aujourd'hui, ils sont interdits.
Le bouchot de pêche : un barrage de filets et de nasses anguillères
Le bouchot de pêche est un dispositif de pêche dans lequel plusieurs engins interviennent. Il comprend une partie fixe en bois, des filets et des nasses.Le bouchot comprend, en amont du cours d'eau, un filet qui sert à retenir les branchages flottants. 50 mètres plus bas, se trouve la partie fixe du bouchot. Elle est faite d'un cadre et d'un madrier en bois imputrescible (aulne vert) sur lequel sont fixés des filets. Au bout de ces filets, de grandes nasses sont positionnées.
Le poisson nage le long des filets et s'engouffre dans les nasses. Il s'y retrouve pris au piège.
Face à ce dispositif, les pêcheurs organisaient un barrage à l'aide d'autres nasses anguillères complétées de « heurtes » (sorte de grands entonnoirs en osier).
Ce barrage permettait de capturer les anguilles qui ne se seraient pas engouffrées dans les pièges installés sur la partie fixe.
Vers la Toussaint, si le temps était pluvieux et la lune favorable, le bouchot de pêche permettait de capturer de nombreuses anguilles d'avalaison. Cette technique est aujourd'hui prohibée.
La frayère de pêche : des branchages pour sécuriser le poisson et des filets pour l'attraper
Les frayères de pêche étaient souvent établies dans les courbes des voies d'eau ; là où le courant était le moins important. Le principe était de créer un lieu idéal pour que les poissons viennent se réfugier et frayer.
On disposait au fond de l'eau des branches de saule pour que la végétation aquatique s'y développe.
Des pieux étaient plantés autour pour retenir les branchages flottants en cas de fort courant.
Grâce à ce dispositif, les pêcheurs pouvaient capturer des vandoises en mars, des carpes et des tanches en juin.
Les pêcheurs encerclaient la cache avec deux ou trois tramails réunis. Il était courant de fouler l'eau (donner des coups de bâton dans l'eau) pour forcer le poisson à s'empocher dans les tramails.
Les bouchots de mytiliculture : une opportunité pour établir une pêcherie
Avant 1860, les bouchots de mytiliculture de la Baie de l'Aiguillon faisaient office de pêcheries.Un bouchot est constitué de dizaines de pieux de châtaignier plantés dans la vase les uns à côté des autres ; ils forment un immense V. Parfois, leur juxtaposition dessine des VV. Entre les pieux, des branchages de châtaignier étaient autrefois glissés. Ils servaient à l'accrochage des larves de moules d'élevage.
Il suffisait de placer à la pointe du V un engin de pêche et d'attendre la marée suivante. Les poissons obligés de suivre le retrait de la mer ne pouvaient que s'engouffrer dans l'engin : un louc, en hiver et un havenneau, à la belle saison.
On appelle pêcherie de flots et pêcherie de jusant les deux types de pêcheries qui correspondent au va-et-vient de la mer. Lorsque celle-ci est montante, les engins de pêche sont placés de manière à capturer les poissons qui suivraient les parois du VV en direction du littoral.
A l'inverse, lorsque la mer descend, les engins sont positionnés à la pointe du V dirigée vers le large.


