Les mots du Marais Poitevin

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A
 
Achenal
n. f., canal creusé par les hommes pour assécher le marais. L'eau est ainsi canalisée et l'on peut exploiter les terres.
B
 
Baisses
s. f., Creux façonnés par le passage de l'océan et des fleuves. Les baisses sont en eaux de novembre à mai.

Balet
s. m., mot poitevin. Nom donné au hangar largement ouvert, typique du Marais Mouillé.

Bardage
s.m., matériau de revêtement (bois, métal etc...) posé en façade de bâtiment (dans les hangars et dépendances). Le bardage traditionnel est constitué de longues planches de peuplier, fermant le plus souvent les ouvertures de l'étage.

Bateau
s. m., nom donné à l'embarcation traditionnelle du Marais Poitevin. C'est une barque à fond plat encore appelée le « batai » ou la « plate ».

Batelier
s. m., nom donné au rameur qui « pousse » les barques de tourisme. Par extension, le « batelier » est devenu le propriétaire de l'embarcadère de tourisme.

Belles
s. f., Bosses façonnées par le passage de l'océan et des fleuves.

Bief
s. m., voie d'eau comprise entre deux barrages à l'intérieur de laquelle le niveau d'eau est sensiblement constant. Il existe 8 biefs sur la Sèvre Niortaise.

Blanc du Poitou
s. m., variété (hybride) de peuplier spécialement développée dans le Marais Poitevin et exploitée hier pour la fabrication de caisses et de bardage, aujourd'hui pour celle de contre-plaqué.

Bonde
s. f., ouvrage hydraulique (situé au niveau des levées) permettant le passage contrôlé des eaux du Marais Mouillé vers le Marais Desséché.

Boselle
s. f., nasse à poisson en osier utilisée pour la pêche à l'anguille. On la couche dans le lit des voies d'eau pour capturer les poissons.

Bôt
s. f., Levée de terre qui entoure une parcelle pour la protéger. Cette digue est le produit du creusement de deux fossés situés de part et d'autre : l'un à l'intérieur, l'autre à l'extérieur du marais endigué.
C
 
Cabane
s. f., nom donné à la maison maraîchine isolée du village. Elle est différente dans le Mouillé et dans le Desséché. Aujourd'hui, sont également appelées « cabanes » les petites constructions légères (bois, tôle...) utilisées par les estivants ou les pêcheurs. Elles sont souvent dressées de façon anarchique et sans autorisation, en zone non constructible.

Cale
s. f. [ voir port]

Ceinture
n. f., canal extérieur d'un dessèchement, permettant la dérivation des eaux du bassin versant.

Civelle
s. f., alevin d'anguille. Egalement appelé "pibale" en langue régionale. Les civelles sont comestibles ; elles se pêchent à l'embouchure des grands écours du Marais Poitevin (notamment sur le fleuve la Sèvre Niortaise).
Attention ! La pêche à la civelle est réglementée. Elle n'est autorisée que quelques mois par an. Les pêcheurs professionnels ont le droit de faire des prélèvements depuis leur bateau dans des conditions très encadrées. Les pêcheurs amateurs quant à eux ont la possibilité de pêcher les civelles au cibalou. La surpêche des civelles et le braconnage mettent en péril la ressource en anguilles et affectent lourdement les conditions de survie de l'espèce.

Communal (ou marais communal) s. m., désigne une vaste prairie humide propriété d'une commune et mise à disposition d'éleveurs de bovins, de chevaux ou d'oies. Ces marais, typique du Marais Poitevin, sont des espaces naturels fragiles qui accueillent de nombreuses espèces animales et végétales.

Conche
s. f., nom donné aux voies d'eau navigables qui sillonnent le Marais Poitevin. Avec les « rigoles », les « biefs » et les « canaux », elles constituent le réseau hydraulique dit « secondaire ». Le réseau « primaire » est celui des rivières et du fleuve. Le réseau « tertiaire » est celui des « fossés » privés. ( voir rigole, fossé ). Les conches mesurent de 4 à 8 mètres de large. Elles sont entretenues par les communes et les syndicats de marais.

Contrebôt
s.m., Fossé situé à l'intérieur de marais endigué, en l'occurrence le Marais Desséché. Le fossé situé à l'extérieur est appelé « achenal ».

Crue (évaï en poitevin)
s. f., montée naturelle du niveau des eaux des bassins versants qui alimentent le Marais Mouillé. La « crue » est perçue par les Maraîchins comme un phénomène positif, qui fertilise les terres. Une ou deux fois par an, la « crue » plonge le Marais Mouillé dans un à deux mètres d'eau selon les endroits. Cette eau stagnera un temps avant d'être évacuée à la mer grâce aux « portes à la mer »
E
 
Écours
s. m., voie d'eau permettant, dans le Marais Poitevin, l'évacuation des eaux douces (eaux de surface ou issues du drainage) vers la mer. Les principaux écours du Marais Poitevin se jettent directement dans l'océan (Baie de l'Aiguillon).

Embarcadère
s. m., nom donné à l'emplacement commercial réservé pour le départ et le retour des promenades touristiques en barques traditionnelles mais aussi, aux canoës, aux pédalos, aux house-boats. Par extension, « embarcadère » désigne l'entreprise touristique elle-même : « embarcadère Dumarais », « embarcadère du marais », etc. [ voir port ].

Evaïe
s. f., mot poitevin désignant la crue [ voir crue ].
F
 
Fenil
s. m.,lieu où l'on entasse le foin. Le fenil est souvent situé à l'étage d'une dépendance attenante à la maison d'habitation.

Fossé
s. m., nom donné aux petites voies d'eau, pas nécessairement navigables, qui délimitent une propriété ou des parcelles dans le Marais. Les fossés constituent le réseau hydraulique dit « tertiaire ». Les fossés sont privés. Ils sont entretenus par les propriétaires des parcelles.

Fouène
s. f., sorte de fourche à long manche avec laquelle on fouille la vase pour y capturer l'anguille du Marais.
H
 
Hélophyte
s. m., ou adjectif, désigne une plante qui vit « les pieds dans l'eau, la tête au soleil », on dit qu'elle est semi-aquatique.
L
 
M
 
Maraîchin (nom) ou maraîchin (adjectif) habitant du Marais Poitevin ou relatif au Marais Poitevin.

Marais
s. m., nom donné à l'étendue non habitée regroupant les parcelles de prairies naturelles ou cultivées. C'est aussi le nom donné aux parcelles de terre elles-mêmes, situées à l'écart du village.

Marouin
s. m., habitant du Marais Desséché.

Mégaphorbiaie
s. f., (vocabulaire spécialisé) formation végétale de milieu humide. Dans le Marais Poitevin elle est constituée de hautes herbes dominées par des reines des prés et/ou des carex.

Mizotte
s. f., appellation locale des prés salés (formation naturelle).

Moëllon
s. m., (vocabulaire spécialisé) pierre courante utilisée pour la construction des murs. Dans le Marais Poitevin, les moëllons sont en pierre calcaire.

Mojette
s. f., mot poitevin. Nom générique donné au haricot blanc cultivé dans le Marais.

Motte
s. f., ce mot a plusieurs significations ; ici, il s'agit des petites parcelles jardinées situées à proximité des villages et exploitées par la population qui en est, soit locataire, soit propriétaire.
N
 
P
 
Pelle 1
s. f., nom donné aux petits barrages qui retiennent les eaux d'amont et permettent la régulation des niveaux d'eau dans le Marais Mouillé.

Pelle 2
s. f., nom donné à la rame en bois utilisée pour la conduite des « bateaux ». A manche long, elle est utilisée debout, à manche court, assis.

Picton
s. m., people de Gaule qui occupait la région poitevine à laquelle il a donné son nom.

Pigouille
s. f., longue perche en bois, munie de deux pics en métal à une de ses extrémités, qui sert à la conduite des « bateaux ». Elle s'utilise debout, à l'arrière de la barque. On dit que l'on « pousse le bateaux ».

Planter en plein
signifie planter des arbres (des peupliers en l'occurrence) sur la totalité de la parcelle et non en pourtour de parcelle comme cela se fait traditionnellement dans le Marais Mouillé

Plate
s. f., [ voir bateau ]

Ponne à bugeaïe
s. f., mot poitevin. Sorte de cuve en pierre servant hier à la grande lessive annuelle, « la bugeaïe ».

Port
s. m., nom donné, dans le Marais Poitevin, à l'espace aménagé pour le départ, le chargement et le déchargement des « bateaux ». Les ports sont communaux ou privés et de différentes tailles et formes : de la simple pente à la cale accompagnée d'un quai et équipée de grues comme à Arçais, ou encore au bras d'eau qui conduit à la cale. NB : le terme de port est souvent employé pour désigner l'espace communal, pour l'espace privé, les Maraîchins utilisent plus volontiers le terme de « cale ». [ voir aussi embarcadère ]

Porte à la mer
s. f., ouvrage hydraulique qui permet l'évacuation de l'eau douce à marée basse et empêche la remontée de l'eau salée à marée haute.

Préfou
s. m., mot poitevin. Spécialité culinaire locale. Le préfou est une sorte de sandwich au beurre d'ail. Il est servi chaud et très apprécié à l'apéritif. Le préfou tient son nom de sa " fonction " d'origine. Autrefois, le boulanger testait la température de son four avant de cuire le pain. A l'aide d'un peu de pâte, il vérifiait que le four était assez chaud. Le pain obtenu levait très peu. Il était consommé encore chaud garni de beurre fortement aillé.

Prise
s. f., [ou polder] nom donné à la terre gagnée sur la mer (grâce à l'endiguement) pour l'exploitation agricole (élevage ou culture).
R
 
Rigole 1
s. f., nom donné aux voies d'eau navigables, qui sillonnent le Marais Poitevin. [ voir conche, fossé ]. En Marais Mouillé : canal de grande dimension (12 à 14 mètres de large). Les rigoles appartiennent au réseau hydraulique principal, dépendent du domaine public et sont entretenues par l'Etat.

Rigole 2
s. f., nom donné aux voies d'eau navigables, qui sillonnent le Marais Poitevin. En Marais Desséché : petit fossé aménagé dans la terre qui sert à évacuer l'eau (n'excède pas 1 mètre de large).

Ripisylve
s. f., (vocabulaire spécialisé) désigne l'ensemble des arbres situés sur les rives des cours d'eau.

Rôtie ou routie
s. f., mot poitevin. Tartine de pain grillé servie chaude et garnie d'aliments généralement froids : " mojettes " (haricots blancs), fromage frais, jambon, etc. Les rôties sont principalement consommées comme en-cas dans la matinée ou dans l'après-midi.
S
 
Shorre
s. m., (vocabulaire spécialisé) désigne la zone terrestre (limitrophe de la vasière) conquise sur l'océan par endiguement. On l'appelle également mizotte ou pré salé. Le shorre est recouvert de plantes qui supportent la salinité du sol.

Slikke
s. f. , (vocabulaire spécialisé) désigne la vasière. Elle est recouverte ou découverte à chaque marée par l'océan. Quelques plantes s'y sont installées. Les oiseaux limicoles y trouvent une partie de leur nourriture.
T
 
Terrée
s. f., petite parcelle boisée ceinturée de fossés. Les terrées sont plantées de frênes ou de saules taillés en « têtard ». Elles sont, en quelque sorte, des espaces de production de bois de chauffage ou de bois d'oeuvre. Dans les terrées, les arbres sont émondés à 1 mètre du sol.

Têtard
s. m., mode de taille des arbres. Les branches sont coupées au ras du tronc de l'arbre. Cela finit par former une grosse tête en son sommet.

Torche
s. f., la torche désigne les brins d'osier préparés pour la fabrication d'un ouvrage de vannerie. Ils sont conservés en paquet, les pieds dans l'eau, pour garder leur souplesse. Dans le Marais Poitevin, les nasses à poisson appelées "bouroles" sont ainsi tressées.

Tramail
s. m., filet de pêche dont la taille des mailles est réglementée afin de ne pas capturer de poissons trop petits.
V
 
Venelle
s. f., ruelle étroite. En poitevin, « venelle » désigne également tout passage étroit. Dans le Marais, la « venelle » est souvent le passage privatif, entre deux maisons, qui conduit de la rue à la voie d'eau.
s. m. : substantif masculin ou nom masculin
s. f. : substantif féminin ou nom féminin